Memento,homo,quia pulvis es ...

Saint Jerôme
"Memento,homo,quia pulvis es et in pulverem reverteris". "Rappelle toi, homme, que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière". L'auteur du texte biblique nous rappelle de manière frappante cette réalité qui n'épargne personne, ni riches ni pauvres; ni puissants, ni faibles; ni vieux, ni jeunes. Ces paroles sont comme une monition qui rappele à tous que la mort est une justicière qui n'épargne personne et que la meilleure préparation à cette réalité c'est de mener une vie juste. L'auteur est aussi très conscient que la mort est la raison finale de tout -"Mors ultima ratio"- et que les êtres humains feraient bien de vivre en fonction de la mort.
Ces rappels sont plus qu'impressionants, toutefois, il faut admettre que les hommes ne vivent pas la mort de la même manière. Une grande partie des hommes vivent leur vie dans l'angoissse de la mort. Ceux à qui on a enseigné que la mort est le fruit du péché, voient las mort comme une punition et donc la craignent. Ceux à qui on a enseigné qu'après la mort les hommes peuvent être punis par l'enfer ou le purgatoire, vivent dans la peur de faire l'objet de ces punitions. Ceux à qui on a promis la béatitude éternelle après la vie sur terre, n'ayant jamais pu faire la preuve de cette vie future, sont autant engoisssés la vie durant. Ceux qui croient en la réicarnation, devant l'ignorance totale de leur future vie, se morfondent dans la crainte de voir approcher leurs derniers moments. Ceux qui ne voient pas plus loin que la vie ici-bas, ne sont pas pour autant rassurés, car ils vivent dans le doute et le doute est tourment par lui-même.
En attendant leur mort les hommes continuent de bâtir des monument somptueux sur les restes des disparus, ils brulent des encens et font des offrandes aux divinités, ils continuent de faire célébrer des sacrifices pour les disparus en souhaitant le pardon et l'indulgence des dieux, ils continuent d'invoquer la protection de tous les saints et autres divinités, ils se retirent dans les monastères où, dans la prière et la pénitence, préparent leur éventuelle vie future. Mais tous ont en commun au fond leur âme la terrible engoissse de l'incertitude.
Il y a une seule manière de vivre la vie sans la crainte et sans les angoisses de la mort. Et cette manière est d'avouer et accepter notre finitude. Acceptons que nous ne sommes pas étérenels. Acceptons que notre esprit, qui anime notre corps la durée d'une vie, meurt avec lui. Nous nous sommes pris au piège pendant des siècles en voulant absolumment prolonger notre vie dans un au-delà. Nous nous sommes inventés des divinités et des religions en croyant que celles-ci puissent prolonger notre vie dans des mondes meilleurs.
C'est si difficile à l'homme de croire, une fois pour toute, qu'il n'y a pas de futur, mais uniquement le present et que le seul bonheur au malheur dont nous sommes responsables est celui que nous construisons de nos mains pendant notre courte vie?
Masfrakal