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Publié le samedi 29 mars 2003

[ Samedi 29 mars 2003 ]

Le remplacement des idoles

Toutes les religions sont peuplées d'idolés et la religion catholique n'est pas épargnée.  Si les fondateurs des nouvelles religions ne favorisent pas les idoles, les fidèles, eux, prennent le soin de s'en créer.  Dans un article précédents, "Les saints détronnent Dieu", j'ai insisté sur l'envahissement des saints dans la foi catholique.  Dans cette nouvelle reflexion je tiens à rappeler comment les saints ont remplacé les idoles.

L'apparition des saints dans l'Église catholique remonte aux temps des premières persécutions des chrétiens.   Depuis l' année 64  à 314 après Jésus Christ, les chrétiens n'ont pas cessé d'être pesécutés.  Les autorités romaines ont vu dans le christianisme une menace pour leur pouvoir politique et pour l'empire.  Ils regardaient d'un très mauvais oeil la progression de cette nouvelle religion dans les territoirres conquis.  Le language et le comportement des chrétiens les inquiétaient.  Ce nouveau language mystérieux les inquiétait, car il parlait de colère divine, de distruction de villes pécheresses par le feu, de conflagration universelle.  Le comportement des chrétiens les inquiétaient aussi, car ils se réunissaient dans le secret et pratiquaient des nouveaux rites. Et les dissentiments au sein de la communauté chrétienne romaine, entre judeo-chrétiens et pauliniens (disceples de saint Paul) ne firent qu'accroitre les soupçons. La persécution commença à Rome, mais elle s'étendit dans beaucoup de territoire de l'empire.

Il y eut beaucoup de martyres.  Alors le chrétiens devant le courage de ceux qui mouraient pour leur foi et "pour compléter dans leur chair ce qui  manquait encore à la Passion du Christ", se mirent à les vénérer comme des êtres exceptionels, comme des saints.   Non seulement ils essayerent de garder des reliques de leurs corps, mais ils se mirent à raconter  leurs faits et gestes dans des épitres qu'ils envoyerent partout où il y avaient des communautés chrétiennes.   Leur ferveur pour les saints martyres fut tellement grande, qu'ils  perdirent toute objectivité dans les récits qu'ils en faisaient.  Dans cette première hagiogarphie ils poussent au noir la peinture des autorités paiennes; ils multiplient la variété des supplices avec tendance à l'extravagance; ils isistent sur les prodiges matériels qui accompagnent les supplices; ils concluent presque toujours le drâme par un dénoument moral qui met l'accent tanôt sur le chatiment du tortionnaire, tantôt sur son bouleversement devant l'héroisme de sa victime et tantôt sur sa conversion soudaine.

Ces légendes dorées des premiers siècles de la chrétiénté ont marqué tous les siècles à venir dans l'Église catholique.  Que de générations d'âmes chrétiennes se sont éxaltées devant ces récits! Que de générations de fidèles ce sont émues devant les sculptures et les vitraux qui plus tard ont rempacé les écrits.  Maints de ces récits sont encore aujourd'hui au soubassement de telle piété locale, de telle tradition, de tel pèlerinage. 

Les persécutions céssèrent; l'Église devint toute puissante en occident et en orient; les évêques devinrent des princes civils et religieux; les moines firent leur aspparitions et avengélisèrent l'Éurope.  Avec les moines évangélisateurs le culte et les reliques incalculables des saints martyres furent propagées dans les régions les plus éloignées.   Mais en même temps l'Église encouragea une autre classe de saints et l'offrit à ses fidèles.  Dès qu'un évêque, un moine ou une moniale se faisaient remarqer par  une vie exemplaire, une vie austère, une vie hors de l'ordinaire, étaient proclamés saints par la voix du peuple( vox populi= vox Dei).  L'Église se tut tout simplement, pendant des siècles, devant ces comportements spontanés et elle s'est retrouvée avec un myriade de saints dans son calendrier.

C'est avec raison que les réformateurs protestants ont critiqué ces abus qui avaient déplacé  la foi des croyants vers les intermédiares au lieu d'être centrée sur Dieu, le Christ et son message.  Le protestantisme fit trembler l'Église de Rome qui fut obligée de se donner des règles rigides pour faire le choix de ses nouveaux saints.  Depuis 1643, les Bollandistes, à Anvers, encouragés par Rome, se sont donné comme mission d'épurer le calendrier des saints (Acta sanctorum); mais ce travail d'épuration, qui se fait dans un esprit scientifique, ne pourra jamais venir à bout de toutes les contaminations dont sont entâchées les vies des saints.

Disons qu'il y a plus que cela à revoir dans l'Église catholique et c'est la place que le culte des saints occupe dans la foi des chrétiens.  Le chemin est très long.

Masfrakal  

[ publié par arxkalena le 2003-03-29 08:08:09 ]

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