Où est la Démocratie Chrétienne?
Si l'on s'en tient au portrait qui ont fait de lui ses succésseurs, le Christ a été un prophète très démocratique. Il s'entoure de gens simples; il les traite de manière égale; il ne structure absolument rien; il ne crée pas de hierarchie; les hommes et le femmes, les riches et les pauvres sont tous égaux à ses yeux; s'il semble avoir des préférences, c'est plutôt pour les humbles et les pauvres; Il annonce tout simplement la bonne nouvelle, d'une portée universelle, et il demande à ses fidèles de faire de même : "Aimez-vous les uns les autres.....!" Ses plus proches, toujours si l'on s'en tient aux premierrs écrits qui ont suivi des dizaines d'années sa mort, semblent avoir été fidèles à la pensée et à l'action du maître. Comme lui, ils ne se sont embarassés de rien: ils ont privilègié les petites communautés et l'effacement au sein de la société.
Or l'histoire nous montre que l'Église Catholique s'est éloigné de cette simplicité démocratique. Dès le IIIème et IVème siècle elle a couru le pouvoir et elle a imité les gens de pouvoir de l'époque. Quand les chefs des communautés sont devenus des princes-évêques, ils sont devenus des administrateurs de l"État en négligeant parfois leur tâche pastorale. Ce n'était plus la communauté chrétienne qui les choisissait, mais le pouvoir politique en place. Vous comprenez alors que ces princes-évêques ayant goutez au pouvoir et à ses avantages, ils ont tout fait pour que l'État transfère leurs charges aux membres de leurs familles. Plus tard ces princes-évêques ne se sont pas gênés d'avoir leurs propres armés pour défendre leurs fiefs. À partir du moyen-âge jusqu'au XIXème siècle, le Pape et les évêques de l'occident chrétien ont courru le pouvoir politique et l'expansion de leurs domaines. Et tous les moyens étaient bons pour atteindre leurs fins: diplomatie, intrigues, corruption, menaces, excommunications, guerres princières.
L'influence des governements occidentaux a joué aussi un grand rôle sur l'Église Catholique. Des siècles durants l'Église a été obligée de leur plaire en nommant les cardinaux, les évêques et archevêques qui faisaient parties des familles nobles de différents pays. Ce fut tout simplement un échange de bons services! L'Église, une fois riche, avec ses terres, ses monastères, ses temples somptuex, ses impôts, s'en donna à coeur joie en mettant sur pied des cérémonies liturgiques somptueuses, en distribuant des titres de tout genre à ses protégés et en se pavonant dans des habits que seuls des princes ou des rois pouvaient se permettre de porter. L'administration elle-même de l'Église ne sent pas du tout la démocratie: à partir des dicastères qui entourent le Vatican jusqu'à la plus petite paroisse de campagne sont sous le contrôle du pouvoir central. Les cardinaux, les évêques, les curés, les moines, les théologiens, les penseurs, tous doivent une soumission totale à la pensée doctrinale et aux codes disciplinaires venant de la curie romaine. À cet égard l'Église de Rome s'est surtout préoccupée,pendant les derniers siècles, de s'entourer de serviteurs fidèles pour garder son immuable stabilité. Elle les trouve chez les nombreux cardinaux et évêques italiens, employés de la curie romaine, qui font tout pour empêcher l'évolution de l'Église dans le monde moderne.
Quand les réformateurs ont éssayé de purifier l'église de Rome, ils n'y ont pas réussi. L'Église a répondu avec le concile de Trente qui a mis en place des nouvelles règles pour améliorer les moeurs des chrétiens, mais elle n'a pas renoncé à son pouvoir, à ses richesses, à ses liens avec les poouvoirs politiques. Pour affirmer encore plus ses pouvoirs, elle a proclamé, vingt siècles après la venue du Christ sur terre, l'infaillibilité du Pape.
Viendra-t-il le jour où Rome décidera de remettre le pouvoir entre les mains des fidèles? Les chrétiens auront-ils un jour le droit d'élire leurs curés, leurs évêque? Les évêques retrouveront-ils le droit d'élire le Pape? Verrons-nous le jour où Rome abolira les cardinaux, création politique moyenageuse, qui n'ont rien à voir avec l'église primitive? Lirons-nous un jour une encyclique par laquelle le Pape abolirait tous ces titres pompeux dont elle surcharge les écclésiastiques et les lieux de prière? Verrons-nous le jour où les femmes seront considérées en tout égales aux hommes dans l'église avec le droit d'exercer la prêtrise et tous les autres ministères? Verrons-nous l'abolition du célibat écclésiastique qui n'a rien à voir avec l'évangile? Apprendrons-nous un jour que l'Église de Rome abolira le nombre incalculable de diocèses éxistants dans certains pays éuropéens, particulièrement en Italie, symboles d'un moyen-âge qui ne veut pas mourir? Apprendrons-nous un jour par une encyclique magistrale, comme les scribes du Vatican sont capables d'écrire, que l'Église remets aux pauvres les richesses qu'elle détient sur les cinq continents? Verrons-nous un jour abolis les postes de tous ses nonces apostoliques auprès des pays du globe, ambassadeurs politiques du Vatican? Lirons -nous une encyclique par laquelle les laics chrétiens seront invités à prendre part de manière réelle à l'administration des paroisses et des diocèses? Et surtout, (surtout!), verront l'Église s'ouvrir à la science,renoncer au dogmatisme, en avouant humblement de s'être trompée?
Masfrakal