Voici quelques réflexions qui devraient vous permettre de comprendre mon intégration dans ce pays nordique, le Québéc.
Mon pays d'origine, l'Italie, m'a nourri de son histoire, de ses arts, de ses traditions, de son patriotisme.
C'est en Italie que j'ai appris à aimer et admirer les peuples anciens du pays, étrusques, samnites, grecs, romains.
C'est en me nourrissant de l'histoire des trois derniers siècles, que j'ai forgé mes sentiments patriotiques, en revivant les luttes des peuples italiens pour se liberer des jougs éspagnol, français et particulièrement autrichien. C'est par cette histoire, dont les héros furent les écrivains, les philosophes, les politiciens et le peuple, que j'ai vu mon pays se libérer et s'unir, pour être le pays d'aujourd'hui. C'est dans mon pays que j'ai été nourri par les arts en général, l'architecture, la sculpture, la peinture, les arts décoratifs. C'est ainsi que lors de mes études j'ai voyagé à travers l'architecture romaine, celle romane, la gothique, la classique, la baroque et la moderne. C'est ainsi que j'ai connu les maîtres de la peinture, à partir de sa naissance avec Giotto, jusqu'au vingtième siècle.
Et que dire de l'influence de la litterature, ancienne ou moderne, sur mon esprit, en partant de Ciceron, Séneque, en passant par Dante et Petrarca, jusqu'aux modernes, comme Manzoni, Foscoli et Pellico.
Le jour où je suis arrivé sur les rives du saint Laurent, j'avais l'ouverture pour comprendre ce nouveau pays. Ainsi mon cheminement pour le comprendre s'est fait par les voies inévitables de l'histoire, des arts et la culture en général. C'est peut-être pour cela qu'aujourd'hui je comprends les aspirations du peuple québecois ou que je porte une grande admiration aux colosses qui ont façonné l'histoire de ce peuple.
Je dois à ce pays de m'avoir à son tour nourri de multiples manières, mais je suis aussi fier d'avoir contribué modestemment à son développement et à son devenir. En conclusion, aujourd'hui, je peux dire, fièrement, que je porte deux pays dans mon coeur, le premier pour m'avoir façonné pour la vie, le deuxième pour m'avoir permi de grandir dans les sillons de la vie.
Masfrakal