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Publi le samedi 31 janvier 2004

[ Samedi 31 janvier 2004 ]

Un rappel salutaire

 

Avez vous remarqué  combien les hommes affichent  naturellement leur

sentiment d’invulnérabilité?  On dirait que la nature s’est chargée de les

doter de ce trait sans faire de distinction de sexe ou de classe sociale .

Ce sentiment fait surface dès l’enfance et grandit au fur et mesure que

nous avançons dans la vie.   Parfois il dépasse toute mesure, dû au fait  

 que tout nous sourit dans la vie ou que nous accomplissons des

exploits de l’ordre physiques  ou intellectuels  qui nous surprennent.

 Aurions nous été programmés  tout simplement de telle manière pour que nous nous réalisions plus facilement et que nous participions avec entousiasme à l’avancement de la société ?  Je serais porté à le croire.

 

C'est le jour que la réalité nous rattrape que nous ouvrons les yeux et que nous comprenons que la vie est faite de joies et de peines, de plaisirs et

de souffrances et que la maladie et la mort sont notre lot auxquels nous ne pourront échapper.    Avant que nous ne voyons pas la maladie ou la mort de près, nous pensons que l'une et l'autre sont là pour les autres et que nous

sommes des êtres invincibles.

 

Il arrive le jour où nous mêmes sommes frappés par la maladie et nous réalisons qu'elle est grave et qu'elle peut nous mener vers la mort.

Devant cette dure réalité nous sommes terrassés et nous ne réagissons pas toujours de la bonne manière.  Il y en a qui continuent à ne pas vouloir y croire et ils se révoltent contre la souffrance qui les consomment et contre l'idée de la mort, de sorte qu'au moment qu'ils quittent cette vie ne se seront pas réconciliés avec eux-mêmes.  

 

 Il y en a qui en s'appuyant sur leurs croyances, en faisant appel à toutes les resources de leur esprit, en faisant recours aux medecines alternatives, aux encouragements de leur entourage, passent atravers la souffrance et quittent la vie résignés et en paix, d'une certaine manière, avec eux mêmes.   Ne devrions nous pas reflechir comment un jour nous devrions accepter la maladie

et la mort?

 

Le jour qu'on nous apprends que nous faisons face à une maladie

mortelle, tout d'abord nous ne voulons pas y croire et nous mettons en place tous les arguments pour nous enraciner dans notre incrédulité.  Mais au fur et mesure que le temps passe, au fur et mesure des réponses evasives et peu encourageantes des medecins, au fur et mesure des tests implacables des technologies médicales, au fur et mesure que les souffrances augumentent ou que les medications deviennent impuissantes pour curer le mal, nous devons decider de ne pas nous laisser terrasser  par notre mal et cheminer positivement avec notre maladie et nos souffrances en acceptant à l'avance, sereinement, l'idée de la mort.  Nous nous rendrions un service immense si en sachant que la mort nous attends, nous decidions de la manière que nous l'acceuillerons.  Si nous l'acceuillons comme étant une chose toute naturelle, parce que elle est tout simplement notre lot depuis notre venue dans ce monde, notre souffrance elle-même nous l'acceuillerons comme devant être le chemin normal qui nous conduit vers elle.  Je discutais un jour de maladie et de mort avec un ami d'un certain âge et il me disait qu'il n'avait pas peur de mourir.  Je lui ai posé alors la question : ''Qu'est-ce-qu'il te donne  cette sérénité?''  Il me répondit : ''Tu sais, j'ai toujours consideré la mort comme faisant partie de la vie; et ce qui me donne le courage devant cette inconnue c'est de penser au bonheur d'avoir reçu la vie, c'est de penser aux milliers de bonheurs que j'ai vecu au quotidien depuis l'enfance jusqu'à ma viellesse;

c'est de penser aux richesses qui m'ont été données gratuitement par ma famille et mes amis; c'est de penser aux connaissances extraordinaires de tout genre auxquelles j'ai accédé grâce à la vie; c'est de réaliser,à la veille de ma mort, que j'ai accédé à une certaine sagesse et que je crois être devenu un homme''. 

Quelques oiseaux ont fait une timide apparition aujourd'hui et ils s'en donnaient à coeur joie d'une branche à l'autre d'un sapin décoré encore par quelques traces de neige; la rivière était gorgée  encore de glaces, mais elle rayonnait de mille feux grâce au soleil qui était de la partie; ce soir je ferme mes yeux lentement avec ces images. Serais-je encore là demain?

 

Masfrakal

 

[ publié par arxkalena le 2004-01-31 10:48:34 ]

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